Muchmuche company voit le jour en 2008 à Besançon. Ses deux fondateurs, Paul Cretin-Sombardier et Mathilde Roy, s’installent rapidement à Toulouse où ils mettent en œuvre leur envie commune d’utiliser les possibilités offertes par la pluridisciplinarité du cirque nouveau. Ils s’emploient à faire cohabiter leurs techniques respectives, jonglage et équilibre, en vue de créer un nouveau moyen d’expression. La réflexion autour du mouvement, du geste et de l’expression est permanente, elle devient le corps de leur écriture circassienne.
Évoluant par la suite entre les arts du cirque, de la danse et du théâtre, Muchmuche company continue aujourd’hui à métisser les techniques pour affirmer l’identité de leur langage.

Le langage de la compagnie émerge dans le premier spectacle 3 up pirouette, se construit dans Texture et poursuit son évolution dans Libreté.
Il propose une matière abstraite chorégraphique-circassienne appuyée sur une écriture dramaturgique. La partition physique exprime l’enjeu émotionnel de la scène, les corps sont des bouches, les mouvements sont des mots. En se substituant au langage verbal, ce nouveau langage est appelé à renouveler les perceptions de celui qui regarde.

 

Le choix de « l’espace public » :

La compagnie est née de l’envie de proposer un état de la recherche circassienne à un public non ciblé.
Appuyé sur une logistique simple, nos spectacles prennent sens dans un cadre ouvert et brut et dans un rapport direct et frontal avec les spectateurs. Le bitume, l’herbe, le macadam, la terre sont envisagés comme autant de terrains d’expérimentation où nous nous plaisons à adapter des matières devenues évolutives. Les décors sont bruts, épurés voir inexistants. En revanche, les éléments naturels comme le vent, le soleil, la pluie ajoutent à chaque représentation une teinte différente, nuançant l’interprétation du propos.

 

 

Mathilde Roy

Découvre que l’on peut passer son temps à travailler le corps à l’envers en cherchant un confort dans cette position. Elle décide de s’y appliquer sérieusement. Elle intègre en 2005, une formation professionnelle au centre des arts du cirque de Lomme comme équilibriste. Elle continue de se former au centre des arts du cirque le Lido à Toulouse où on lui enseigne, en plus de la position verticale renversée, la danse, le théâtre et autres fabuleux outils d’expression. En 2007, participe a une tournée en Scandinavie avec le spectacle « Ton rire est faux » du Cirque Sans Retour, mis en scène par Christian Coumin. . Elle part en Pologne et participe au projet de la FAAAC ou elle rencontre Paul Cretin-Sombardier avec qui elle fonde Muchmuche company en 2008.« Texture », leur première création voit le jour en 2010. De 2010 à 2012 elle intègre la compagnie de cirque forain l’Estock fish, est participe au
spectacle« L’Affabulatoir »qui tourne en région PACA.

« Je conçois le travail de l’équilibrisme au sol comme proche de celui de la danse. Je cherche à développer la position renversée, parce qu’elle est autre et inhabituelle. Je vise à obtenir une aisance qui m’offre toute liberté à bouger dans cette position. Pour ce faire, je travaille sur la dissociation des articulations : chevilles, genoux, hanches, épaules et nuque et sur la création des enchaînements à effet de domino. Les ondulations, le ralenti, les pauses, les rotations sont autant de possibilités qui viennent s’ajouter au travail de dissociation permettant d’animer gracieusement une position figée et apparemment limitée. »

 

Paul Cretin-Sombardier

Perfectionne sa jonglerie en autodidacte, en étant de veilleur de nuit dans un musée. En 2006, il se forme à la danse à Bruxelles puis intègre, en 2007, l’école de cirque de Ménival à Lyon où il poursuit sa recherche artistique autour de la jonglerie, la danse et le clown. La même année, il collabore avec Philippe Menard de « PMCompanie » sur un projet de danse-jonglage, produit par La Maison des jonglages, qui aboutit en avril 2010 au spectacle 3 up pirouette . Ce spectacle sera porté par « Muchmuche company » tout comme Texture en 2011. Par ailleurs, il travaille dans le collectif Micro Focus avec Jérémie Halter sur un duo de jonglerie freaks, Un jour par terre. En 2011, Paul rejoint « Protocole » un collectif de jongleurs d’improvisation menant des laboratoires in situ suivis de représentations.

« Je suis à la recherche d’un langage jonglistique, singulier et poétique, appuyé sur une technique maîtrisée et une tradition assumée. Mon travail interroge la chorégraphie du corps avec l’idée d’y intégrer, de manière fluide, ma recherche jonglé. En quête d’un corps toujours plus expressif, je suis en recherche d’une collaboration intime, presque naturelle, entre mon corps et les objets, ainsi, les massues prolongent mes mouvements. J’investis mon corps comme un lieu de passage ouvrant des portes improbables aux objets qui s’y engouffrent . »

 

 

Latitude 50
La vache qui rue
CCAS de plaisir
Les Abattoirs de Rioms
La maison des jonglages 
Animakt
Extrême jonglerie
La mairie de Castanet Tolosane
La grainerie
Smad Cap découverte
Théâtre du Pont neuf
MJC Villeurbanne
La commanderie 
Le Lido
La mairie de Toulouse
L’Avant rue
La région midi Pyrénées
Lézard de la rue

 

Le cirque expressif s’inscrit dans le vaste mouvement de renouvellement du genre circassien.

Les techniques circassiennes, particulièrement les équilibres et la jonglerie, constituent le socle de la construction du langage de la compagnie. Détournées de leur dimension performative, elles nourrissent la chorégraphie des corps en offrant une dimension abstraite et poétique à un propos concret. Constatant l’insuffisance des mots à exprimer, le travail s’oriente vers l’interrogation d’un langage à 4 bras et 4 jambes. Les corps et leurs mouvements fonctionnent, au-delà des bouches et des mots. Les propos traités s’envolent vers des dimensions plus abstraites, parfois poétiques, d’autres fois symboliques. Le spectateur est guidé vers son propre imaginaire, un des enjeux étant de l’amener à regarder en nouveauté et en singularité, un peu comme en enfance. Dans cette logique, les décors sont épurés ou inexistants et les spectacles s’appuient sur une logistique minimaliste. Ils prennent sens dans un cadre ouvert et brut, et dans un rapport direct et frontal avec les spectateurs. Les pavés, les escaliers, l’herbe, le macadam, la terre, le mobilier urbain,… sont vécus comme autant de terrains d’expérimentation où sont adaptées des matières, devenues évolutives.

La démarche vise à bousculer la création des artistes et à décloisonner l’imaginaire du public.

2014_07_17_CircoLoco#4_Moncé-en-Belin_crédits Julien Saison O2e (3) (Copier)